Économie
L’économie, une science des choix
Pourquoi le chômage résiste-t-il dans certaines régions et pas dans d’autres ? Une hausse des taux d’intérêt freine-t-elle vraiment l’inflation ? Les géants du numérique empêchent-ils de nouveaux acteurs d’émerger ? Comment répartir équitablement des places en crèche ou des greffons d’organes ?
Derrière ces questions, il y a des choix : ceux des ménages, des entreprises, des États. Les économistes du département cherchent à les comprendre, à en mesurer les effets et à éclairer les décisions publiques. Pour cela, ils construisent des modèles théoriques et les confrontent à des données de plus en plus riches : données administratives, enquêtes, expériences de terrain, traces numériques.
Le département réunit des enseignants-chercheurs et des chercheurs de l’École polytechnique, de l’ENSAE Paris, de Télécom Paris et du CNRS. Tous sont membres du CREST, le Centre de recherche en économie et statistique. Cette proximité avec les statisticiens est l’une des grandes forces du département : la rigueur des méthodes est au cœur de toutes ses recherches.
Nos axes de recherche
Les travaux du département s’organisent autour de cinq grands axes. Chacun est animé par un séminaire où des chercheurs du monde entier viennent présenter leurs travaux.
Macroéconomie : comprendre l’économie dans son ensemble
Croissance, inflation, chômage, dette publique : la macroéconomie étudie les grands équilibres d’un pays et la manière dont ils évoluent. Les chercheurs de cet axe analysent comment une crise se propage d’un secteur à l’autre et comment les banques centrales et les gouvernements peuvent y répondre. Ils étudient aussi le rôle des anticipations des ménages et des marchés. Leurs travaux portent également sur les économies ouvertes, les dynamiques du marché du travail et l’influence des institutions politiques sur les grandes décisions économiques.
Microéconomie appliquée : mesurer l’effet réel des politiques publiques
Un dispositif d’accompagnement des demandeurs d’emploi fonctionne-t-il ? Une réforme fiscale réduit-elle les inégalités ? Quel est l’effet d’une politique environnementale sur les entreprises ? Cet axe s’appuie sur des données à grande échelle et des méthodes d’évaluation rigoureuses pour répondre à ces questions de manière précise et indépendante.
Les thèmes sont nombreux : emploi et marché du travail, éducation, inégalités de revenus et de genre, famille, santé, fiscalité et protection sociale, migrations, ville, environnement, commerce international, développement. C’est l’axe qui dialogue le plus directement avec les décideurs publics.
Théorie microéconomique : modéliser les décisions et les interactions
Comment prenons-nous des décisions face à l’incertitude ? Pourquoi coopère-t-on, ou non ? Quel mode de scrutin reflète le mieux les préférences des citoyens ? Comment affecter des étudiants à des formations de façon juste et efficace ?
Cet axe développe les outils conceptuels de l’économie : théorie des jeux, théorie de la décision, économie comportementale, choix collectifs. Les chercheurs testent aussi leurs hypothèses en laboratoire, grâce à l’économie expérimentale. Leurs travaux trouvent des applications très concrètes, des procédures d’affectation scolaire à la conception de systèmes de vote.
Organisation industrielle : décrypter le fonctionnement des marchés
Comment les entreprises fixent-elles leurs prix ? Une fusion entre deux concurrents nuit-elle aux consommateurs ? Les plateformes numériques ont-elles besoin d’une régulation spécifique ? L’organisation industrielle étudie la concurrence entre entreprises, les rapports de force entre producteurs et distributeurs, et l’efficacité des règles qui encadrent les marchés.
Les chercheurs de cet axe travaillent sur l’économie numérique et les télécommunications, l’innovation et la propriété intellectuelle, la santé et les marchés publics. Plusieurs d’entre eux contribuent à l’expertise des autorités de concurrence et de régulation.
Incitations et calcul : l’économie à l’ère des algorithmes
Algorithmes de recommandation, enchères publicitaires en ligne, cryptomonnaies, agents d’intelligence artificielle : de plus en plus de systèmes reposent à la fois sur du calcul informatique et sur des comportements stratégiques. Ce nouvel axe, à la frontière entre économie et informatique, étudie comment concevoir ces systèmes pour qu’ils restent efficaces, équitables et robustes quand chacun cherche à tirer son épingle du jeu.
Ses thèmes : conception de marchés et de mécanismes, théorie des jeux algorithmique, économie computationnelle, crypto-économie, et les questions d’incitations soulevées par l’IA.
Une recherche ouverte sur le monde
Les cinq séminaires de recherche (Macroéconomie, Applied Micro, Microéconomie, IO et Incentives and Computation) accueillent chaque année des dizaines de chercheurs internationaux. Ils sont ouverts aux enseignants-chercheurs, aux post-doctorants et aux doctorants de l’Institut Polytechnique de Paris et d’ailleurs. Le programme est disponible sur le site du CREST. Le département reçoit aussi régulièrement des chercheurs invités pour des séjours de plusieurs semaines.
Collaborations et projets
Éclairer le débat public. Les membres du département sont affiliés à l’Institut des politiques publiques (IPP), qui produit des analyses indépendantes des politiques publiques à destination des citoyens et des décideurs.
Données et intelligence artificielle. Les chercheurs participent au centre Hi! PARIS, dédié à l’IA et à la science des données, et au programme « Data Science for Economics, Finance and Management » mené avec HEC Paris.
Des projets d’excellence. Plusieurs membres du département portent des projets financés par le Conseil européen de la recherche (ERC) et l’Agence nationale de la recherche (ANR).
Former les économistes de demain. Les chercheurs enseignent à l’École polytechnique, à l’ENSAE Paris et à Télécom Paris. Ils animent aussi le Master in Economics et le PhD Track in Economics de l’Institut Polytechnique de Paris, en partenariat avec HEC Paris.
Faire une thèse au département. Chaque printemps, un appel à candidatures permet de recruter des doctorants sur des contrats de trois ans. Nous encourageons les candidats à prendre contact le plus tôt possible avec leurs futurs directeurs de thèse.